Clinical Cases Bridge collé canin tout numérique : apport de la zircone multicouche 6 mai 2022 BRIDGE COLLÉ CANIN TOUT NUMÉRIQUE : APPORT DE LA ZIRCONE MULTICOUCHE La gestion de l’édentement canin est toujours un défi difficile à relever, tant d’un point esthétique que fonctionnel. Nous présentons le cas d’une jeune patiente en fin de traitement orthodontique consultant dans le but de pallier l’agénésie de sa 23. Les nouvelles générations de zircone permettent une réalisation de ce cas par flux numérique complet, multi-attachesen place, alliant esthétique et résistance mécanique. Un suivi à 6 mois est présenté. Le remplacement prothétique d’une canine maxillaire chez l’adolescent est délicat en raison des fortes contraintes esthétiques et fonctionnelles. Cette clé de voûte de l’arcade est autant sollicitée dans le dessin de la ligne du sourireque dans le guidage en diduction et la protection des dents cuspidées. Son absence sur l’arcade peut résulter d’une anomalie d’éruption dentaire, d’un geste thérapeutique ou d’un contexte génétique comme une fente labio-palatine [1, 2]. Cependant, l’agénésie d’une canine supérieure est environ 10 fois plus rare que celle de l’incisive latérale (avec des prévalences respectives de 0,1 à 0,3 % contre 1,5 à 3,1 %) [1, 3]. À l’adolescence, le patient peut exprimer une demande esthétique qui requiert le remplacement de la dent manquante, la correction de l’alignement des dents ou des dysharmonies dento-faciales.Le praticien doit alors élaborer un plan de traitement, éventuellement multidisciplinaire, en s’appuyant notammentsur des examens complémentaires (radiographies et cires de diagnostic). Les éventuelles déficiences osseuses en regard de l’édentement sont évaluées dans les trois plans de l’espace. La première alternative orthodontique est alors de combler l’espace vacant en déplaçant une prémolaire maquillée en antérieur, ou d’augmenter l’espace vacant pour permettre une restauration prothétique [4].Si la croissance osseuse n’est pas finie, la solution implantaire pour le remplacement de la canine est prématurée.Par ailleurs, l’immaturité gingivale et le délabrement irréversible des préparations s’opposent à la réalisation d’un bridge scellé. La prothèse amovible présente un certain nombre d’avantages, comme l’hygiène facilitée, l’éventuelle restauration du soutien labial et le faible coût, mais l’inconfort et l’amovibilité restent des inconvénients de taille. Dans ce contexte, le recours au bridge collé présente l’intérêt d’être peu mutilant. Cependant, le coût de cette thérapeutique transitoire peut se révéler élevé pour un résultat esthétique et mécanique discutable [5, 6]. Les rapports de cas de bridges collés canins sont rares et « quasi expérimentaux » selon Mathias Kern [7].En effet, les forces transversales exercées sur l’intermédiaire de bridge se traduisent par des contraintes importantes au niveau de la connexion au moyen d’ancrage. Les risques de fractures sont importants et irrémédiables sur des armatures aux propriétés mécaniques insuffisantes. Le Professeur Kern, qui fait figure de pionnier dans le domaine du bridge collé, a démontré que les armatures en zircone pouvaient remplacer les anciennes armatures métalliques disgracieuses [7]. Il apar la suite montré que les bridges mono ailette, aussi appelés « bridges cantilever », présentaient un taux de survie supérieur aux classiques bridges à deux ailettes collées [7, 8]. En 2017, il a publié une étude concernant115 bridges collés cantilever en zircone avec un taux de succès de 92 % et un taux de survie de 98,2 % à dix ans [9]. Cependant, si la zircone est plus esthétique que le métal, le temps de travail du prothésiste pour stratifier la céramique cosmétique maintient les délais d’exécution. L’hypothèse de ce rapport de cas était que le recours à un flux numérique complet permettrait de réaliser un bridge collé canin alliant propriétés esthétiques et mécaniques, en permettant confort et vitesse d’exécution. L’objectif de cet article est de décrire la compensation de l’édentement de 23 chez une patiente adolescente, traitéepar multi-attaches, par la réalisation d’un bridge collé cantilever en zircone monobloc multicouche par flux numérique complet. Le suivi à six mois sera également présenté. Réalisation clinique :Une patiente âgée de 14 ans est adressée au Pôle de Médecine et Chirurgie Bucco-dentaire du CHU de Bordeaux par son orthodontiste pour pallier un édentement en position de 23. L’anamnèse révèle que cette absence canine est due à une agénésie. Cette patiente est par ailleurs en parfaite santé et ne signale aucun antécédent médical ou chirurgical. L’orthodontiste, arrivant à la fin du traitement qui visait à corriger l’alignement des dents, avait pris la décision d’ouvrir l’espace laissé vacant par la canine en vue d’une réhabilitation prothétique. Cependant, la patiente fait part de sa grande anxiété à l’idée de se retrouver avec un édentement à la très prochaine dépose des bagues. L’objectif thérapeutique étaitdonc de pallier – avant la dépose du multi-attaches – l’édentement de 23 en alliant esthétique et résistancemécanique. Analyse clinique :À l’examen exo-buccal, il apparaît que la patiente présente une ligne du sourire de Classe III selon la classificationde Liébart et coll. [10], paramètre favorable quant à la restauration (fig. 1a-b). 1Situation initiale. a. Vue frontale du sourire b. Vue latérale du sourire c. Vue frontale endo-buccale des arcades en occlusion L’examen endo-buccal met en évidence une Classe I squelettique et des dents saines, dépourvues de lésion carieuse ou de restauration. L’indice de plaque est faible à modéré. La zone édentée est recouverte d’une fibro-muqueuse ferme et adhérente. La largeur et la hauteur de l’édentement sont compatibles avec une restauration prothétique. La bosse canine est évidemment effacée du fait de l’agénésie, mais ne constitue pas un obstacle esthétique (fig. 1c). L’examen des dents bordant l’édentement révèle unindice de Le Huche plus élevé pour la 22 que pour la 24. L’incisive latérale présente un faible diamètre mésiodistal, tandis que la prémolaire, selon le plan coronal, est en rotation distale. L’examen occlusal révèle une occlusion d’intercuspidie maximale (OIM) stable avec Classe I canine et molaire. En dynamique, nous notons une fonction canine secteur 1/4 et une fonction de groupe secteur 2/3 avec une prise en charge équilibrée de 24 et 25. En revanche, les milieux interincisifs ne sont pas totalement alignés,nous constatons un surplomb et un recouvrement très faible (< 1 mm). La patiente refusant catégoriquement la continuité du traitement orthodontique, cette situation occlusale ne sera pas appelée à évoluer. L’analyse radiographique montre un rapport racine/ couronne clinique favorable pour la prémolaire. Aucun épaississement desmodontal n’est noté. Un os dense au niveau de l’édentement ainsi qu’un ancrage très satisfaisant des dents bordantes sont notés. Diagnostic et propositions thérapeutiquesL’hygiène de la patiente est bonne dans un contexte de multi-attaches, mais perfectible. L’édentement de 23 permet une restauration avec une canine prothétique de dimension comparable à la 13. L’absence de bosse canine ne nécessite pas de réaménagement des tissus parodontaux, notamment en raison de son masquage lors du sourire. La 24 présente suffisamment de surface de collage et la fonction de groupe en diduction protégera la prothèse des forces transversales. Pour les raisons évoquées en introduction, la proposition thérapeutique est celle d’un bridge collé mono ailette zircone prenant appui sur la 24. Étapes cliniquesLa thérapeutique est réalisée en seulement trois séances cliniques.Première séance clinique : une motivation à l’hygiène et un assainissement parodontal sont réalisés. Suivent la préparation, l’empreinte optique et le choix de teinte. Les impératifs de préparation décrits pour l’incisivecentrale sont transposés et adaptés à la préparation de la prémolaire [8, 11, 12] (fig. 2a-b). Sont successivement réalisés :- un épaulement à angle interne arrondi (E) en position supra gingivale et d’une épaisseur de 5-6/10e de millimètre.Pour optimiser la surface de collage, la limite cervicale s’étend du point le plus distal, parcourt la face palatine et remonte le long de la face mésiale pour rejoindre la crête marginale. Cet épaulement participe à la stabilisation et la rigidité du bridge. Cette préparation permet de limiter le surcontour prothétique au niveau des limites et guide le prothésiste dans la conception ; 2. Préparation pour bridge collé. a. Vue occlusale de 3. Empreinte optique. a. Vue occlusale en couleur de la préparation.la préparation avec un épaulement à angle inter-arrondi de 6 mm et une boîte proximale de 9 mm2. b. Vue occlusale monochrome. c. Vue vestibulaire. b. Schématisation 3D de la position de l’ailette (E = épaulement à angle interne arrondi, C = corniche occlusale, B = boîte de connexion). une corniche palatine (C). La corniche occlusale décrite par Mathias Kern s’oppose aux forces de clivage et de pelage du joint collé. Dans un souci d’économie tissulaire, la cuspide palatine est préservée et la limite haute de notre préparation s’arrête avec un aplat remplissant ce même rôle. La préparation de la surface palatine amenée à être recouverte par l’ailette relie donc la corniche à l’épaulement et n’est réalisée que dans le but de coller sur de l’émail prismatique (élimination de la couche aprismatique de 30 μm limitant le collage) ;- une boîte proximale (B) en regard de l’édentement. La boîte assure une épaisseur satisfaisante de connexion avec l’intermédiaire (idéalement 6 mm2 = hauteur de 3 mm x largeur de 2 mm) pour permettre une résistance indispensable dans cette région de hautes contraintes mécaniques. L’empreinte numérique est effectuée avec un scanner intra-oral, multi-attaches encore en place (fig. 3a-c). Un écarteur est mis en place pour écarter les joues et faciliter l’empreinte. Les arcades sont séchées. La stratégie de scannage recommandée par le fabricant consiste à enregistrer d’abord les faces occlusales, puis occlusopalatines avec une angulation à 45°, et enfin les faces vestibulo-occlusales [13]. L’antagoniste, l’occlusion statique et cinématique sont enregistrés à leur tour, et envoyés au prothésiste (Laboratoire Bertin, Bordeaux). Enfin, les dents bordant l’édentement sont reprises pour corriger les éventuels manques d’enregistrement. La teinte est suggérée par le logiciel de la caméra et confirmée avec un teintier Vita traditionnel. 4. Disque de zircone : haute translucidité et multicouche. 5. Bridge collé cantilever en zircone avant collage. 6. Bridge le jour de l’assemblage et de la dépose du multi-attache b. Vue occlusale après réglages de l’occlusion en statique et dynamique.maxillaire. a. Vue latérale à la dépose de la digue. Le matériau choisi a été une zircone de haute translucidité et multicouche (fig. 4). Un disque de teinte B2 a été retenu. Deuxième séance cliniqueElle consiste en l’essayage et validation esthétique et fonctionnelle. Troisième séance cliniqueIl s’agit du collage sous champ opératoire en suivant le protocole établi par le fabricant.• Préparation de la pièce : la pièce est essayée pour veiller à ce que le champ opératoire ne gêne pas la bonne insertion de la pièce puis un sablage est réalisé (alumine 30 mm, pression 2,5 bars). L’ailette reçoit ensuite une application d’un nettoyant de surface spécifique pendant 10 secondes, suivie d’un rinçage abondant et d’un séchage. L’application énergique d’une solution réalisantla préparation de la surface de la zircone s’effectue pendant 60 secondes, suivie d’un séchage, termine la préparation de notre pièce zircone.• Préparation de la dent : après nettoyage de la surface amélaire à la ponce, un mordançage à l’acide orthophosphorique de 30 secondes est réalisé. Cette déminéralisation différentielle des prismes d’émail crée des microporosités, optimise la mouillabilité de surface, et potentialise ainsi la cohésion physique et micromécanique des tissus et matériaux d’assemblage [14, 15].Après rinçage, le tissu est délicatement tamponné à l’aide d’une microbrush propre afin de ne pas le dessécher. Le Panavia™ V5 Tooth Primer est ensuite appliqué pendant 20 secondes puis séché à l’air doux. Le collage du bridge se fait après avoir enduit l’ailette avec la résine de collage Panavia™ V5 tout en veillant à son bon positionnement. Les excès sont immédiatement retirés à l’aide d’un pinceau. Une photopolymérisation de 20 secondes initie la fixation définitive de la pièce, la lampe est positionnée en vestibulaire afin d’orienter la rétraction de polymérisation de l’ailette et la connexion vers la dent. Une photopolymérisation de20 secondes par face est ensuite renouvelée trois fois. 7. Contrôle à 6 mois. a. Vue du sourire. b. Vue latérale. c. Possibilité de passage de brossette sous le pontique.Le polissage du joint sous champ opératoire complète l’assemblage.A la dépose de la digue, le bridge apparaît très saturé du fait de la déshydratation des dents adjacentes (fig. 6a).Un contrôle d’occlusion avec papier à articulé termine l’intégration fonctionnelle du BCCC. Le pontique et la boîte de connexion sont libérés de toutes contraintes occlusales (fig. 6b). Suivi et maintenanceLe contrôle à 6 mois confirme l’intégration esthétique du bridge full zircone (fig. 7a-b). Le passage facilité de la brossette garantit une hygiène contrôlée et efficace (fig. 7c). DiscussionLa mise en oeuvre du flux numérique a été capitale dans la gestion du temps, du stress et du confort de la patiente [16, 17].Tout d’abord, la mise en oeuvre de l’empreinte optique est beaucoup plus aisée que celle de l’empreinte physico- chimique de manière générale, mais plus particulièrement en présence de multi-attaches. Ensuite, les interférences en propulsion ont pu être évitées grâce à l’enregistrement dynamique proposé par la caméra intra-orale. Toutefois, il est regrettable que la diduction,surtout dans un cas de réhabilitation canine, ne puisse être enregistrée. Enfin, le prothésiste a pu concevoir le dispositif et l’usiner directement, sans passer par la réalisation de modèles de travail. Ce gain de temps tout au long de la chaîne numérique s’accompagne d’un impact financier favorable pour le patient. Comparativement à la vitrocéramique, le choix de la zirconecomme matériau d’infrastructure apporte un avantage certain, celui de sa grande résistance mécanique. Les complications les plus fréquentes sont les décollements, et sont donc réversibles. Les impératifs de conception de notre bridge collé cantilever en zircone vont dans le sens d’une économie tissulaire plus importante. En effet, l’ailette doit présenter une épaisseur minimale de 0,5, alorsqu’elle serait de 0,8 à 1 mm pour une ailette en vitrocéramique [8, 9, 11, 12]. Par ailleurs, les recommandationsconcernant la section de connexion entre ailette et pontique sont de 6 mm2 contre 12 à 16 mm2 pour le disilicate de lithium. Cela permet de laisser un espace proximal suffisant pour le passage de brossettes. Ces directives incisives ne sont cependant pas établies pour le remplacement de canines. Nous avons opté pour une ailette de 0,6 mm d’épaisseur et une zone de connexion de 9 mm2. Le matériau choisi a été une zircone multicouche (fig. 4). Sa structure à quatre couches mime les nuances de teinte de la dentition naturelle, et montre d’excellentes propriétés mécaniques avec une résistance à la flexion de 1 125 Mpa [18, 19]. Pour ce cas clinique en particulier, la rapidité d’exécution était un paramètre important. Le montage de céramique stratifiée n’étant pas nécessaire avec cette zircone multicouche, le bridge collé monolithique teinté dans la masse n’a nécessité qu’une étaped’usinage et de sintérisation. Lors de l’assemblage d’un bridge collé, l’utilisation d’un guide de positionnement est vivement conseillée. Ces guides en résine s’appuient sur les dents adjacentes, et permettent de positionner parfaitement l’ailette malgré l’interposition de la colle qui masque les limites. Dans le cadre d’un flux numérique, il est tout à fait possible pour le prothésiste d’en modéliser un après la conception du bridge, puis de l’usiner ou de l’imprimer. Dans ce cas clinique particulier, nous avions fait le choix risqué de nous en passer à l’issue de la séance d’essayage. ConclusionLa gestion de l’édentement canin est un défi difficile à relever. La nouvelle génération de zircone permet de remplir nos objectifs de traitement à la fois mécaniquement et esthétiquement. Au-delà d’un pronostic à court terme, le bridge collé cantilever pourrait constituer une réelle alternative contemporaine et réaliste à l’implant antérieur. Cependant, des études de plus longue durée sont nécessaires. Les auteurs remercient M. Adrien Garot pour sa participation à l’élaboration du schéma 3D (figure 2b). Les auteurs ne déclarent aucun lien d’intérêt. Léa MASSÉ AHU département prothèse dentaire,UFR des sciences odontologique de Bordeaux, Hôpital Saint-André, CHU de Bordeaux Correspondance : [email protected] Adrien NAVEAUMCU-PH département prothèse dentaire,UFR des Sciences Odontologiques de Bordeaux,Hôpital Saint-André, CHU de Bordeaux BIBLIOGRAPHIE1. Finkelstein T et al. Agenesis of permanent canines in orthodontic patients : prevalence, location, treatmentoptions and outcomes. J Dent Child (Chic) 2018 ; 85 (3) : 133-8.2. Germec Cakan D, Nur Yilmaz RB, Bulut FN, Aksoy A. Dental Anomalies in Different Types of Cleft Lip and Palate : Is There Any Relation ? 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HTML devient HTML Plus 6 sept. 2021 KATANA™ ZIRCONIA HTML Plus : Nouvelle Formule pour des procédures rationalisées et des résultats encore meilleurs. Résistante et précise en teinte : KATANA™ Zirconia HTML est la version la plus résistante de notre série de zircones multicouches KATANA™ Aujourd'hui, Kuraray Noritake Dental Inc. a soigneusement optimisé le produit pour améliorer encore ses propriétés optiques et harmoniser les délais de sintérisation avec tous les autres matériaux de la série KATANA™ Zirconia Multi-Layered. Le nouveau disque KATANA™ Zirconia HTML Plus offre toutes les propriétés connues de son prédécesseur, notamment dans sa structure : teinte multicouche et résistance uniforme. Il convient à de multiples indications, notamment les bridges de longue portée avec une épaisseur de paroi minimale de seulement 0,4 mm dans la région antérieure et 0,5 mm dans la région postérieure. Cela permet des préparations peu invasives, il est possible de choisir entre un design monolithique, cut-back ou d'armature combiné à la technique de finition de son choix. Le PLUS fait référence à des avantages supplémentaires comme les propriétés optiques améliorées du matériau : KATANA™ Zirconia HTML Plus offre une translucidité accrue de 45 % (contre 43 % pour KATANA™ Zirconia HTML) et un aspect de teinte encore plus naturel des restaurations fabriquées. "La teinte des restaurations apparaît plus profonde, plus vive et plus saturée, et la translucidité plus proche de celle des dents naturelles, une grande intégration optique est obtenue facilement. Cela permet de réduire les efforts de finition", explique Mathias Fernandez Y Lombardi, responsable scientifique pour l'UE des céramiques dentaires et des matériaux CAD/CAM chez Kuraray Noritake Dental. En même temps, la résistance élevée à la flexion (1 150 MPa) est maintenue, ce qui permet une gamme illimitée d'indications. Comme son prédécesseur et tous les autres matériaux de la série KATANA™ Zirconia Multi-Layered, KATANA™ Zirconia HTML Plus est le résultat d'un processus interne de développement, de compilation de poudre et d’un processus de production capable de contrôler chaque détail. Cela a permis à nos spécialistes d'obtenir un alignement précis des propriétés souhaitées, tout en maintenant une qualité totale, ce qui permet la précision à l’usinage pour des surfaces lisses et des bords réguliers que les utilisateurs de KATANA™ Zirconia HTML connaissent bien. La composition unique de la poudre et la procédure spécifique interne de production nous ont également permis de rationaliser les protocoles de sintérisation. Pour les restaurations unitaires et bridges jusqu'à trois éléments, trois protocoles sont possibles: un programme de sintérisation rapide de 54 minutes spécifiquement développé pour les cas urgents, un programme de 90 minutes et le programme de sintérisation traditionnel de sept heures. Ce dernier est également adapté aux restaurations de longue portée. Ces trois options avec le même temps de sintérisation sont disponibles pour KATANA™ Zirconia HTML Plus, KATANA™ Zirconia UTML, KATANA™ Zirconia STML et la nouvelle KATANA™ Zirconia YML avec un dégradé de résistance et de translucidité. Grâce à cette fonctionnalité, il devient extraordinairement facile de standardiser les procédures avec la gamme de zircone multicouche KATANA™. Mathias Fernandez Y Lombardi conclut : " KATANA™ Zirconia HTML Plus s'inscrit totalement dans notre philosophie de développement de produits qui aident leurs utilisateurs à rationaliser et à simplifier les procédures sans limiter les choix. Les utilisateurs peuvent choisir parmi toute une gamme de solutions de zircone hautement spécialisées ou universelles, ils peuvent opter pour leur technique de conception et de finition préférée, et peuvent sélectionner le protocole de sintérisation qui convient à leurs besoins individuels. Dans le même temps, l'effort manuel est réduit et le risque de lancer un mauvais programme de sintérisation est éliminé."
Technologie MDP originale de Kuraray depuis 1981 30 août 2021 Après que Kuraray a introduit le premier monomère adhésif dentaire en inventant le monomère phosphate Phenyl-P en 1976, sa structure moléculaire a été améliorée en 1981 en créant une molécule avec une plus grande capacité d’adhésion à la structure dentaire et une affinité pour le métal. Le résultat de ce travail de développement a été le monomère MDP (10-méthacryloyloxydécyl dihydrogénophosphate), qui a convaincu les utilisateurs par sa structure de monomère spéciale : ce monomère phosphate était extrêmement efficace pour l'émail, la dentine et les alliages métalliques. Par conséquent, PANAVIA, y compris le monomère MDP, a été introduit en tant que collage résineux adhésif haute performance pour le collage à la structure dentaire et aux métaux. Le succès impressionnant de PANAVIA a encouragé Kuraray à intégrer le monomère MDP dans d'autres systèmes de collage et à obtenir un haut degré d'adhésion au substrat dentaire à partir de la formation d'une liaison chimique. La structure du monomère adhésif MDP Fig. 1 : La structure chimique du monomère adhésif MDP Groupe polymérisable (1) Groupe hydrophobique (2) Groupe hydrophile (3) formant l’adhésion chimique avec hydroxyapatite L'adhésion à divers substrats est possible grâce au MDP (méthacryloyloxydécyl dihydrogénophosphate), pour lequel il a été démontré la création d’une liaison à long terme, durable et stable aux tissus dentaires et aux oxydes métalliques. Les recherches menées au cours des dernières décennies ont démontré l'efficacité du MDP. Le premier produit Kuraray Noritake Dental à contenir du MDP a été PANAVIA EX. Divers autres systèmes d'adhésifs et de collages ont suivi. Nos derniers produits, PANAVIATM V5 et CLEARFILTM Universal Bond, reposent également dans une large mesure sur les performances du monomère MDP d'origine. Le MDP a la structure suivante : groupe terminal à double liaison pour la polymérisation groupe alkylène hydrophobe pour maintenir un équilibre délicat entre les propriétés hydrophobes et hydrophiles groupe phosphate hydrophile pour la réaction de la déminéralisation acide et la liaison chimique à la structure dentaire L'histoire Entre 1978 et la fin des années 90, il est devenu possible d'augmenter la force d'adhésion à la dentine au-delà de la force intrinsèque de la dentine elle-même. Le MDP a joué un rôle majeur dans ces développements. La liaison ionique solide avec le calcium du HAp dans le tissu dentaire signifie que les défaillances qui se produisent sont cohérentes dans la dentine plutôt que des défaillances de l'adhésif. Outre les études in vitro confirmant cette force de liaison, la durabilité clinique à long terme enregistrée sur 13 ans est également impressionnante. Recherche Les recherches de Yaun et autres, en 2007, montrent que les défauts le long de l'interface sont en grande partie responsables de la dégradation de la couche hybride. CLEARFILTM SE BOND ne présentait pas de tels défauts. On s'attendait donc à ce que SE BOND ait également une connexion stable avec les tissus dentaires. Récemment, Peumans et d’autres, de l'Université de Louvain, en Belgique, ont montré que CLEARFILTM SE BOND a toujours une excellente efficacité clinique après 13 ans. Dans leur publication dans le Journal of Dental Research 83, en 2004, Yoshida et al. a conclu que le choix du monomère adhésif jouait un rôle majeur dans l'efficacité de l'adhésif. Ils ont trouvé que le MDP était le meilleur et le plus rapide dans les tests d'adhésion chimique (liaison ionique) et aussi dans les tests de stabilité dans un environnement humide (insoluble) - meilleur et plus stable que 4-MET et Phenyl-P, dans cet ordre. Après 35 ans, le MDP est toujours une classe à part. À ce jour, aucun fabricant n'a été en mesure de développer un monomère adhésif avec de meilleures propriétés d'adhérence et une force de liaison durable. De nombreuses tentatives ont été faites, mais aucune n’a réussi. En attendant, le brevet de Kuraray sur MDP a expiré. Cela a ouvert le marché à d'autres fabricants pour synthétiser leur propre MDP. Seules quelques entreprises chimiques non dentaires fournissent du MDP à d'autres fabricants de systèmes adhésifs, et la synthèse de MDP de haute pureté reste extrêmement difficile. Plus récemment, Kumiko Yoshihara et al. publié «L'impureté monomère fonctionnelle affecte les performances adhésives», dans Dental Materials 31 (2015) 1493-1501. Ils ont conclu que les trois MDP qu’ils ont étudiés présentaient différents niveaux de pureté. Des différences dans les couches hybrides résultantes ont été observées dans les trois versions de MDP : les impuretés et la présence de dimères avaient un effet sur l'efficacité d’adhésion du HAp, ainsi que sur l'intensité de la présence de nano-couche et la force de liaison immédiate. μTBS de MDP d’origine différente Yoshihara Ket al. L'impureté monomère fonctionnelle affecte les performances de l'adhésif Dent Mater 31, 1493-1501, 2015 EXPLICATION Les trois 10-MDP étudiés dans cette étude ont clairement révélé une pureté différente. Des différences dans l'ultrastructure des couches hybrides résultantes ont été observées pour les trois versions 10-MDP. Les impuretés et la présence de dimères ont affecté l’efficacité d’adhésion de HAp, l’intensité de la nano-couche et la force de liaison immédiate. CITATION On peut s'attendre à ce que la pureté du 10-MDP présent dans les primaires, adhésifs et collages dentaires commerciaux influence les performances de collage. Suite au succès de CLEARFIL BOND SYSTEM F, un nouvel objectif de R&D a été fixé : développer un monomère plus performant que le Phenyl-P, permettant ainsi d'obtenir des résistances d'adhésion plus élevées et des restaurations composites plus durables. Pour commencer, la composition chimique de Phenyl-P a été analysée en profondeur. Chacun des trois composants principaux de ce monomère fonctionnel – à savoir le groupe polymérisable, le groupe intermédiaire et le groupe réactif - a ensuite été étudié en détail (voir Fig. 1). Structure chimique du monomère adhésif 1. Groupe polymérisable 2. Intermédiaire 3. Groupe réactif Fig. 1 : La structure chimique du monomère adhésif (Phenyl-P) Une étude proposait de changer la longueur du « spacer » tout en gardant les autres composants identiques. Cela a démontré que la longueur de « spacer » influençait clairement la force d'adhésion à la dentine humaine et à l'alliage Ni-Cr. Un test similaire a été réalisé en échangeant uniquement le groupe réactif (Fig. 2 et 3). Ces études ont donné des informations précieuses (Fig. 4) sur le monomère fonctionnel idéal. Les résultats de nos innombrables tests sont les suivants : ■ L'intermédiaire doit être un groupe hydrophobe avec 4 atomes de carbone ou plus. ■ Le groupe réactif doit être un groupe phosphate divalent. ■ Il doit y avoir un groupe polymérisable radicalaire. L'application de toutes ces leçons à des centaines de variations fonctionnelles de monomères a conduit au développement d'un monomère fonctionnel toujours utilisé aujourd'hui : le méthacryloyloxydécyl dihydrogénophosphate (MDP). Nous aimons l'appeler «le monomère MDP original». groupe terminal à double liaison pour la polymérisation groupe alkylène hydrophobe pour maintenir un équilibre délicat entre hydrophobe propriétés hydrophiles et groupe phosphate hydrophile pour la performance de la déminéralisation acide et de la liaison chimique à la structure dentaire
30 ans de développement de la céramique dentaire - interview avec Miss BAN 25 févr. 2021 Une interview avec Mme Ban - 30 ans de développement de céramiques dentaires. Le développement de matériaux dentaires en céramique est une longue tradition chez Noritake Co. Cela a commencé en 1978, lorsque Kiyoko Ban, qui est aujourd'hui consultante technique chez Kuraray Noritake Dental, était membre du personnel enseignant du Tokai College of Dental Therapy à Nagoya, au Japon. Là, elle a formé ses étudiants à la fabrication de restaurations de couronnes céramo-métalliques et a rencontré des problèmes de fracture et de fissure qui se produisaient souvent après la cuisson. Son désir de résoudre ce problème a donné lieu au premier projet de développement de céramique dentaire à Noritake. Image 1 : Madame BAN parlant du développement de la Super Porcelaine AAA de Noritake Analyse des défaillances Kiyoko Ban rend compte de ses premières activités : «J'ai reçu de nombreuses demandes de prothésistes dentaires sur les raisons pour lesquelles des fissures se sont produites à l'intérieur des céramiques pendant la cuisson. Je voulais savoir ce qui causait ce problème. J'ai donc commencé à analyser les matériaux disponibles et les procédures de fabrication. Au cours de mes recherches, j'ai conclu que pour obtenir de meilleurs résultats, il serait nécessaire de développer un nouveau matériau en céramique avec des propriétés physiques fondamentalement différentes. La raison est que les propriétés physiques des matériaux céramiques disponibles étaient instables. Le problème était que les coefficients de dilatation thermique de la céramique changeaient pour des conditions de cuisson qui variaient, et parfois fluctuaient même si la température de cuisson restait constante. En raison des différences dans les coefficients de dilatation thermique de l'armature métallique et de la céramique cosmétique, des contraintes élevées à l'intérieur de la céramique ont été générées, ce qui a finalement conduit aux fissures observées. » Unir ses forces à Noritake Pour l'aider dans ses recherches, Kiyoko Ban a approché le Dr Hiroshi Inada, un expert de premier plan dans la mesure des contraintes résiduelles dans la céramique. Il était directeur du département de recherche et développement chez Noritake. Ensemble, ils ont décidé de lancer un projet de développement commun. Dans un premier temps, une étude de marché a été réalisée afin de définir les objectifs du projet. « Nous avons constaté que trois facteurs perturbaient les couronnes céramo-métalliques (CCM) : des fissures et des fractures dans la couche de céramique, une reproductibilité limitée des couleurs naturelles des dents et une décoloration jaunâtre causée par l'argent dans le matériau de la structure. Par conséquent, nous avons décidé de développer un matériau sans fissure résistant à la décoloration et assorti aux couleurs des dents naturelles, en offrant une fluorescence semblable à une dent », déclare Kiyoko Ban. Elle poursuit : « Les premières étapes du processus de développement ont été relativement faciles. Nous avons rapidement pu assurer la constance du coefficient de dilatation thermique. Cependant, la partie la plus compliquée a été de développer différentes teintes de matériaux. La compréhension et la reproduction de la couleur des dents étant une tâche très complexe, nous avons collaboré avec des dentistes et des techniciens dentaires. Ils ont évalué les propriétés optiques de nos formulations d'essai et nous ont aidés à les améliorer jusqu'à ce qu'ils soient satisfaits des résultats. Ce processus nous a pris trois ans et a finalement abouti aux 16 teintes de matériaux lancées en 1987. » Image 2 : Le produit lancé il y a 30 ans : la Super Porcelain AAA de Noritake Le nom - Noritake Super Porcelain AAA - a été suggéré par l'ancien vice-président de Noritake et à l'époque directeur général, Motoki Nawa. Il fait référence aux trois besoins de base qu'il satisfait et montre que le produit vise à devenir la classe A. Noritake Super Porcelain AAA est sorti au Japon, où Morita Corporation est devenu le distributeur. Bientôt, un réseau d'instructeurs a été créé et des formations ont été proposées pour s'assurer que les techniciens utiliseraient le produit de la meilleure façon possible. En très peu de temps, le produit a obtenu une part de marché d'environ 30%. À cette époque, Noritake Super Porcelain AAA commence également à conquérir les marchés étrangers (où elle a reçu le nom de produit Noritake Super Porcelain EX-3). Jusqu'à aujourd'hui, de nombreux prothésistes dentaires du monde entier privilégient la céramique. Possibilités supplémentaires Hitoshi Aoshima, un représentant de Perla Aoshima, était l'un des instructeurs qui a enseigné l'utilisation du matériel dans le monde entier. Il était célèbre pour son excellente technique dans la fabrication de restaurations céramique. Kiyoko Ban l'a approché lors du symposium du 15e anniversaire de la revue internationale de technologie dentaire à Tokyo en 1988 et a initié ce qui allait bientôt devenir une collaboration fructueuse : « J'ai décidé de lui rendre visite dans son laboratoire peu de temps après notre réunion et je lui ai fourni un kit complet Noritake Super Porcelain AAA. Un mois plus tard, lors de ma deuxième visite, il a suggéré de développer différents types de céramique, qui ne génèrent pas de bulles d'air pendant le processus de cuisson, même lorsque vous maquillez à l'intérieur de la céramique cosmétique. Cela permettait aux prothésistes dentaires d'imiter facilement la couleur complexe des dents naturelles. Nous avons immédiatement commencé à travailler sur le projet. Avec le soutien de Hitoshi Aoshima, nos efforts ont porté leurs fruits et ont abouti à l'introduction du produit Internal Live Stain. » Regarder la prochaine étape : la recherche sur la zircone Avec l'intérêt croissant des techniciens dentaires pour les matériaux céramique, Kiyoko Ban a été émue de prédire qu'à l'avenir, la céramique évoluerait pour devenir le matériau de restauration préféré. Elle a commencé à étudier les technologies de céramique et de fabrication appropriées. En novembre 1998, la division de développement de Noritake et Noritake Dental Supply ont lancé un projet conjoint pour développer une nouvelle zircone dentaire. « En tant qu'entreprise de céramique avec 15 ans d'expérience dans le domaine de la zircone industrielle, Noritake prévoyait que la zircone allait être le prochain matériau dentaire de premier plan. Par conséquent, nous avons commencé à développer les matières premières. Grâce à notre haut niveau de savoir-faire dans les matériaux céramiques, nous avons rapidement pu présenter une nouvelle zircone dentaire moins modifiée après frittage. Nous avons observé les tendances des matériaux et les besoins du marché pendant un certain temps, et avons finalement décidé d'opter pour des propriétés esthétiques plus fines et de développer des disques multicouches. Le produit - KATANATM Zirconia ML - a été présenté à l'International Dental Show 2013 à Cologne, où il a fait ses débuts spectaculaires. Le produit a reçu une reconnaissance mondiale. Aujourd'hui, trois variantes des disques multicouches sont disponibles. Ils offrent différents niveaux de résistance à la flexion et de translucidité pour répondre aux exigences de diverses situations cliniques. Image 3 : Lancement de KATANA ZIRCONIA en 2013 Vers le futur Plus de 30 ans après son lancement, Noritake Super Porcelain AAA est toujours le produit de choix pour de nombreux céramistes du monde entier. « Avec des utilisateurs satisfaits dans environ 100 pays, je suis heureux de conclure que nous avons réussi à développer une céramique de stratification pratiquement sans problème », a déclaré Kiyoko Ban. « En raison du succès des projets de développement, jusqu'à présent, dans le domaine de la céramique dentaire, nous sommes très motivés pour continuer à développer de nouveaux produits qui répondent aux besoins des dentistes, des techniciens dentaires et des patients. » Kiyoko Ban, consultante technique chez Kuraray Noritake Dental, travaille toujours dur pour aider à améliorer les résultats des traitements en dentisterie et contribuer à une amélioration de la santé bucco-dentaire.
News Feature La dentisterie adhésive moderne avec le Dr HARR 23 févr. 2021 Avec l'avantage d'avoir son propre laboratoire dentaire, le Dr Harr est en mesure d'offrir un large éventail de traitements dentaires à ses patients, y compris des outils avancés de diagnostic et de prévention, des traitements conservateurs et prothétiques ainsi que des solutions en implantologie et parodontologie. La dentisterie adhésive moderne est une partie essentielle de son travail quotidien. Le Dr André Rumphorst, responsable marketing Scientifique Europe, était curieux de découvrir son expérience. Dr Harr, qu'est-ce qui vous vient spontanément à l'esprit lorsque vous entendez le nom de Kuraray ? C’est vraiment le nom de Panavia qui me vient à l’esprit. Je relie cela avec la qualité et la force d’adhésion. Il y a beaucoup d'opinions concernant les forces d’adhésion. Pourquoi pensez-vous que Panavia peut faire une différence ? Tout le monde parle de fortes résistances d’adhésion ; ces chiffres sont souvent mal interprétés. Au fil du temps, j'ai utilisé les différentes générations de Panavia et je n'ai été vraiment déçu par aucune d'entre elles. L’adhésion fiable est due au MDP inventé par Kuraray. Kuraray a certainement acquis une grande expérience dans l'utilisation de ce monomère adhésif, c'est pourquoi il est également utilisé dans d'autres produits. Grâce au Panavia et MDP, vous avez également découvert l'adhésif universel Clearfil Universal Bond Quick. Quelles ont été vos expériences ? Les adhésifs universels existent également depuis un certain temps maintenant. Concernant le Clearfil Universal Bond Quick, ma première pensée a été de l'appliquer et de l’utiliser immédiatement. Je dois dire que cela fait une différence. Le flux de travail n'est pas interrompu et il n'est pas aussi difficile de garder la zone sèche, car elle est séché à l'air et photopolymérisée directement après l'application. La richesse de l'expérience de Kuraray a évidemment facilité cette application ultra-rapide sans compromettre la qualité. Les résultats de Clearfil Universal Bond Quick m'ont jusqu'à présent totalement convaincu. Utilisez-vous le flacon Clearfil Universal Bond Quick ou unidose ? J'utilise uniquement le flacon. Je suis un Souabe typique à cet égard et je considère le rapport qualité-prix. D'après votre expérience, qu'est-ce qui est important et décisif pour une application réussie d'agents de collage et de technologie adhésive? Tout d'abord, l'utilisateur et son expérience clinique. Concernant le produit, une certaine tolérance d'erreur lors du traitement et, en particulier, la tolérance à l'humidité d'un adhésif. Pendant la photopolymérisation, des variations peuvent rapidement se produire, puis un bon adhésif devrait toujours pouvoir durcir efficacement. La tolérance à l'humidité est importante pour qu'un bon mouillage soit toujours obtenu. Dans tous les cas, l'accumulation d'adhésif dans les bords de préparation doit être évitée. Un spray d'air un peu plus fort doit être possible après l'application afin d'éviter les excès d'adhésif dans les coins. Pour être certain du succès, j'applique uniquement un mordançage d'émail supplémentaire lors de la reconstruction des bords incisifs de classe IV. Existe-t-il des applications ou des indications pour lesquelles vous n'utiliseriez pas Clearfil Universal Bond Quick ? Ou, pour poser la question différemment, préférez-vous les agents de collage multi-flacons dans certains cas ? Non. Avant le lancement de Clearfil Universal Bond Quick, j'ai utilisé un adhésif monocomposant auto-mordançant pendant de nombreuses années et j'ai toujours été satisfait. J'ai changé de produit il y a quelque temps à cause d'un mélange de curiosité et parce que c'était un produit Kuraray. Finalement, je ne vois plus la nécessité de travailler avec des agents de liaison multi-flacons pour des restaurations rapides et directes avec des composites. Considérez-vous également Clearfil Universal Bond Quick comme une possibilité lors du collage de restaurations indirectes ? Selon les indications, j'utilise soit un collage classique, soit la colle auto-adhésive Panavia SA Cement Plus. Et j'ai également besoin d'un Silane pour le prétraitement de la vitrocéramique. Sinon, bien sûr, j'utilise toujours Panavia V5 lorsqu'une force d'adhérence maximale est requise.
News Feature EC Certificate of Kuraray Noritake Dental Inc. products 15 juil. 2020 At Kuraray Noritake Dental Inc. we are proud that our products are being developed using innovative technologies, paying attention to detail and keeping in mind the needs of our customers. We are committed to offering outstanding products that provide dental professionals with the flexibility for self-expression and creativity, adding value and delivering superb aesthetic results to each and every procedure. Usability, simplicity and, of course, quality always in mind - providing dental professionals with materials that will make their daily practice stress free. As a prove that our products meet the needs of dentists and lab technicians alike, we are happy to share with you the EC Certificates of Full Quality Assurance System that we have received from The Notified Body. Those can be downloaded below. Chairside products Labside products
News Feature WEBINAIRE DANIELE RONDONI - DES SOLUTIONS ÉLÉGANTES EN DENTISTERIE - VIDEO A LA DEMANDE 7 mai 2020 Avec l’essor du flux numérique et du digital en dentisterie, un profond changement s’opère dans la façon de travailler avec l’utilisation optimale de matériaux de nouvelle génération, comme la zircone multi-couche.Dans ce webinaire, nous verrons comment le flux digital permet d’augmenter la synergie entre le cabinet dentaire et le laboratoire. De plus, nous discuterons de l’acquisition digitale, de la conception du design et du projet final avec les formes morphologiques et fonctionnelles. Daniele RondoniNé à Savona en 1961, il vit et travaille dans sa ville natale où il est directeur de son propre laboratoire depuis 1982. Il a obtenu son diplôme de technicien dentaire à l’institut professionnel « P. Gaslini » en 1979. En 1981, il a commencé en tant que professeur et membre du conseil de fondation de l’école de techniciens dentaires de Savona. Sa carrière recouvre de multiples expériences internationales en Suisse, en Allemagne et au Japon. En 1994, il débute une carrière de conférencier dans plusieurs des symposium dentaires les plus prestigieuses du monde. Particulièrement dévoué à l’étude de la morphologie et de l’esthétique dentaire, il collabore activement au développement de matériaux utilisés lors de restaurations esthétiques. Membre actif EAED Membre actif IAED Membre d’honneur Styleitaliano Associé et porte-parole SICED Instructeur international pour Kuraray Noritake
News Feature WOMEN IN DENTISTRY - Dr Anne Longuet Tuet 13 mars 2020 La dentisterie, discipline traditionnellement dominée par les hommes, accueille de plus en plus de femmes. Parmi les étudiants en dentisterie, les femmes sont désormais plus nombreuses que les hommes dans de nombreux pays. La chirurgien dentiste parisienne Dr Anne Longuet Tuet a récemment discuté avec Kuraray Noritake Dental des défis auxquels les femmes peuvent être confrontées dans le milieu de la dentisterie et des qualités requises pour réussir dans cet environnement. Dr Longuet Tuet, comment avez-vous décidé de vous lancer dans la dentisterie ? J’ai toujours voulu travailler dans le milieu médical. Initialement, je voulais être vétérinaire, mais j’ai ensuite passé beaucoup de temps dans le cabinet d’une dentiste. Elle était aussi une femme et elle enseignait à l’université locale. J’ai vu ce qu’elle arrivait à faire et elle m’a donné envie d’aider les gens de la même manière et de leur redonner le sourire. D’après votre expérience, être une femme présente-t-il des avantages ou des inconvénients dans le domaine de la dentisterie ? La situation a-t-elle évolué au fil du temps ? Je participe souvent à des conférences et, de manière générale, elles sont toujours largement dominées par les hommes. Par exemple, j’étais à une conférence à Tunis l’année dernière et j’étais la seule femme parmi dix intervenants. Être une conférencière peut parfois être assez difficile. En effet, nous devons souvent travailler plus dur que la plupart des hommes pour faire nos preuves et bénéficier du même niveau de reconnaissance. Cependant, j’espère que la situation évoluera à l’avenir étant donné que de plus en plus de femmes prouvent qu’elles sont très compétentes dans cette discipline. Y a-t-il des femmes dentistes que vous considérez comme des mentors ou des modèles ? J’admire beaucoup Dr Francesca Vailati, dont les conférences et les articles de recherche ont énormément apporté à la dentisterie adhésive moderne. À quel point est-il important de pouvoir discuter avec des pairs et mentors ? Selon moi, il est très important d’avoir des pairs et mentors féminins, mais il convient de rappeler que votre réseau devrait aussi compter des hommes. Évidemment, j’aime voir d’autres femmes quand je donne des conférences ou assiste à des congrès, mais j’admire aussi de nombreux collègues masculins et beaucoup m’aident à me développer professionnellement. Si l’on refuse d’avoir des hommes comme mentors, on se limite réellement dans le milieu de la dentisterie. Il est donc préférable de garder un esprit ouvert à cet égard. La qualité d’un mentor n’est pas nécessairement liée à son sexe, mais plutôt à ses connaissances, son expérience, son charisme et sa volonté de partager son expertise. Quelles sont les qualités requises pour réussir dans le milieu de la dentisterie ? Je pense que le plus important est de s’engager à apprendre toute sa vie. Il est dangereux de croire que l’on sait tout sur la dentisterie. On peut toujours s’améliorer dans certains domaines. Même quand on a atteint un certain niveau et accumulé de nombreuses années d’expérience, on peut toujours découvrir de nouvelles technologies et techniques ou améliorer quelque chose. Évidemment, cela n’est pas seulement vrai sur le plan personnel. Les matériaux et technologies dentaires évoluent continuellement. Si l’on arrête de s’informer, on est dépassé, n’est-ce pas ? C’est particulièrement vrai pour la dentisterie adhésive. Il faut connaître les nouveaux adhésifs et matériaux mis sur le marché, parce qu’ils peuvent vous permettre d’améliorer votre travail et vos soins. Comment avez-vous découvert la large gamme de solutions adhésives Kuraray Noritake Dental ? C’était il y a environ quatre ans, peu de temps après que je commence à véritablement développer mes compétences en matière de dentisterie restauratrice et adhésive. Je cherchais un moyen d’améliorer mes composites et ma méthode de collage des restaurations en céramique, et un ami m’a dit que la gamme de composites CLEARFIL MAJESTY™ était de très bonne qualité. J’ai ensuite reçu quelques échantillons et utilisé depuis lors les produits de l’entreprise. Quels produits Kuraray Noritake utilisez-vous dans le cadre de votre flux de travail quotidien ? Étant donné que la dentisterie restauratrice représente désormais 80 % de mon travail, j’utilise le composite CLEARFIL MAJESTY™ ES-2 ainsi que la colle adhésive PANAVIA™ de Kuraray tous les jours. Par ailleurs, le laboratoire dentaire avec lequel je travaille utilise les produits KATANA™ Zirconia régulièrement pour fabriquer des couronnes.
Clinical Cases Cas clinique réalisé avec des couronnes postérieurs monolithiques et des couronnes antérieures avec micro-stratification céramique. Avec KATANA™ Zirconia HTML, FC Paste Stain et CERABIEN™ ZR. 28 févr. 2020 Par le Dr Shigeru Adachi, Cusp Dental Supply Co. Ltd Situation initiale Détermination de la teinte et réalisation :- Couronnes postérieures maquillées avec FC Paste Stain,- Couronnes antérieures : micro-stratification en céramique avec CERABIEN™ ZR Vérification de la restauration prothétique sur le modèle Situation finale Céramiste : Mr Shigeru Adachi, Cusp Dental Supply Co. Ltd Mr Adachi est un céramiste prometteur de la nouvelle génération qui travaille pour Cusp Dental Supply Co. Ltd. depuis 2013. Il s’est vu décerner le prix d‘excellence 2018 au concours QDT TECHNICAL CONTEST. Avril 2013 - PrésentCéramiste chez Cusp Dental Supply Co., Ltd.Mars 2013Diplômé du Centre de formation en céramique d‘OsakaAvril 2009 - Mars 2011Prothésiste au laboratoire dentaire de TsurugaMars 2009Diplômé du Collège de techniciens dentaires d‘Aishi Mr SHIGERU ADACHI A UTILISÉ KATANA™ ZIRCONIA HTML ET CZR FC PASTE STAIN POUR CE CAS
News Feature Interview : Le Professeur Bart Van Meerbeek parle du passé, du présent et de l’avenir de la dentisterie adhésive. 6 févr. 2020 En tant que coéditeur en chef du Journal of Adhesive Dentistry, le Professeur Bart Van Meerbeek est l’une des figures les plus respectées en matière d’adhésifs dentaires. Il parle ici de l’avancée des techniques de collage dentaire au cours des trois dernières décennies et nous fait part de sa vision concernant leur avenir. Professeur Van Meerbeek, pouvez-vous nous parler de l’évolution et des avancées des adhésifs dentaires depuis que vous avez commencé à les étudier ? Je crois que les avancées considérables de ces 30 dernières années en matière de technologie de collage dentaire, et notamment en matière d’adhésifs, ont eu un véritable impact dans le domaine de la dentisterie, et bien sûr plus particulièrement sur la dentisterie restauratrice. De nombreuses procédures actuelles de restauration dentaire utilisent des matériaux et des techniques adhésives. Ceux-ci ont connu d’importantes évolutions depuis que j’ai écrit ma thèse concernant l’adhésion à la dentine il y a plus de 20 ans. Bien évidemment, l’adhésion à l’émail est bien plus simple à réaliser que l’adhésion à la dentine. Quand j’ai démarré mes recherches à ce sujet, je devais me contenter de mener des essais cliniques au cours desquels nous étions confrontés, à court-terme, à un nombre relativement élevé de pertes suite à une restauration dentaire. J’ai eu le privilège de constater par moi-même les rapides avancées en matière d’adhésion dentaire, dans la mesure où j’ai moi-même fait des recherches dans ce domaine pendant maintenant près de 30 ans. À un moment, la communauté de chercheurs s’est rendu compte de l’existence d’une boue dentinaire intermédiaire, produite durant la préparation des cavités, et que cette couche intermédiaire interférait avec le processus d’adhésion. Il faut d’abord remédier à cette boue dentinaire avant de pouvoir parvenir à une adhésion micro-mécanique et chimique sur le substrat. Après cela, nous sommes entrés dans l’ère des conditionneurs et des primers. Par le passé, la communauté de spécialistes de la restauration rechignait à l’idée d’utiliser l’acide phosphorique en raison de son potentiel irritant pour la pulpe dentaire. Cependant, les professionnels de la dentisterie ont progressivement commencé à utiliser des réactifs d’attaque contenant ce produit, ainsi que des primers qui facilitaient réellement l’adhésion entre la résine adhésive et la dentine. Tout en étant parvenu à d’excellentes performances d’adhésion grâce à des adhésifs par étapes en laboratoire (résultats confirmés plus tard au cours d’études cliniques), la conception et le développement de matériaux adhésifs se sont par la suite focalisés sur la simplification et l’accélération des procédures d’adhésion. À travers deux principaux modes d’adhésion, deux types d’adhésifs ont ainsi vu le jour : les adhésifs de mordançage avec rinçage, et les adhésifs d’auto-mordançage, aussi appelés adhésifs de mordançage et de séchage. La nouvelle génération d’adhésifs universels permet désormais aux dentistes de choisir parmi ces deux méthodes de collage afin d’appliquer une formule unique d’adhésion. Quels sont les avantages des restaurations adhésives par rapport à des méthodes plus traditionnelles ? Les restaurations adhésives présentent un caractère invasif minimal ; le dentiste n’a pas besoin de retirer de tissus sains pour créer des indentations permettant à la restauration de tenir. Cela permet une approche plus conservatrice. L’un des objectifs de toute procédure de restauration devrait être de garder le plus d’émail possible, car il s’agit du meilleur tissu pour réaliser un collage. Le collage à la dentine a toujours représenté un plus grand défi qui a ralenti nos efforts en matière d’adhésion pendant longtemps. Cependant, il est possible aujourd’hui de restaurer des dents par technique adhésive de manière fiable, prévisible et durable, y compris à la dentine. En complément d’une implantologie efficace pour remplacer les dents manquantes et ainsi diminuer le recours au bridge, les restaurations de dents isolées sont de plus en plus nombreuses. Le collage a contribué à l’évolution des pratiques, en diminuant le nombre de procédures traditionnelles de couronnes invasives pour les tissus au profit de restaurations partielles permettant de préserver les tissus dentaires. En effet, les adhésifs modernes sont capables de faire tenir ce type de restaurations partielles sur des surfaces relativement planes, voire même sur des surfaces non rétentives. De plus, les procédures de collage permettent d’obtenir des restaurations à l’aspect plus naturel via des techniques renforçant l’adhésion des restaurations esthétiques en verre-céramique, voire même des céramiques solides en zircone, qui ne sont plus considérées comme étant impossibles à coller. Quel est votre opinion concernant la génération actuelle de solutions adhésives universelles ? Je pense que cette génération est remarquable, mais s’agissant du potentiel adhésif intrinsèque aux tissus dentaires, elle n’est pas aussi performante que les méthodes plus traditionnelles et éprouvées comme l’auto-mordançage en deux étapes et le mordançage avec rinçage en trois étapes. Cependant, je trouve très positif que beaucoup de ces adhésifs universels intègrent des monomères de MDP, qui sont à mon sens les monomères présentant le meilleur fonctionnement à ce jour. Il faut cependant qu’ils soient présents dans des concentrations élevées et d’une grande pureté. La plupart du temps, les monomères de MDP assurent également une parfaite adhésion à la zircone. Lorsqu’il s’agit de coller des types de céramiques différents à des matériaux de restauration composites à base de résine, il est toujours utile de savoir quel adhésif universel contient du silane et ne nécessite a priori pas d’autre traitement d’un point de vue de la restauration. Si bien sûr elle fonctionne, cette procédure a l’avantage de présenter une technicité plus faible et moins d’étapes. Les preuves scientifiques actuelles font état d’un manque de stabilité du silane incorporé dans les adhésifs universels aqueux acides d’aujourd’hui. Fort heureusement, des recherches sont en cours pour mettre au point de nouveaux adhésifs universels qui contiennent d’autres types de silanes plus stables dans de l’eau très acide. En règle générale, je considère tout de même qu’un primer de restauration qui contient de hautes concentrations de silane ainsi que des monomères de MDP est plus efficace que de nombreux adhésifs pour réaliser un collage avec des matériaux de restauration. En effet, ces adhésifs universels peuvent contenir de nombreux autres ingrédients qui peuvent créer une sorte de « compétition » au sein du matériau pour atteindre et interagir avec la surface du substrat, ce qui engendre un collage de moins bonne qualité. L’extrême finesse et la forte propriété hydrophile des adhésifs universels constituent une autre de leurs limites. Cela engendre une absorption d’eau et les rend sujets à la dégradation hydrolytique. À la lumière de ces informations, notez qu’appliquer un composite fluide hydrophobe sur un adhésif universel permet d’atténuer ces effets et de garantir un collage durable. Le monomère MDP constitue-t-il l’élément clé de l’efficacité des adhésifs universels ? Existe-t-il d’autres facteurs qui peuvent l’influencer ? Effectivement, il est évident que le monomère MDP figure parmi les monomères les plus efficaces à notre disposition. Cela tient notamment à son potentiel chimique principal d’adhésion à l’hydroxyapatite. Cependant, il existe des différences notables entre ces produits en termes de pureté et de niveaux de concentration en monomère MDP. Ce sont des facteurs qui dépendent de l’origine du monomère, à savoir s’il est synthétisé par l’entreprise elle-même ou si le processus est externalisé. En règle générale, un adhésif universel qui contient une concentration très élevée de monomère MDP très pur devrait présenter la meilleure efficacité. Existe-t-il des avantages particuliers inhérents à une adhésion par auto-mordançage ? Le principal avantage de cette méthode est qu’elle n’enlève pas la totalité de l’hydroxyapatite et des minéraux présents dans la dentine. De cette façon, elle permet de protéger le collagène dentinal plus fragile. Le mordançage à l’acide phosphorique résulte en une déminéralisation relativement profonde et totale avec exposition de collagène, ce qui rend le collage plus susceptible de se dégrader. Le fait de conserver partiellement des minéraux autour du collagène grâce à un adhésif auto-mordançant doux permet également la formation d’une forte liaison ionique lorsque l’adhésif utilisé contient le monomère MDP fonctionnel. De plus, il faut garder à l’esprit que même si une liaison chimique ne mène pas nécessairement à un collage plus fort, elle permet néanmoins d’améliorer la durabilité à long terme de celui-ci. Quelle est selon vous la prochaine étape en matière de dentisterie adhésive ? L’une des possibilités est de réduire le nombre d’étapes du processus d’adhésion, l’objectif final étant de disposer de matériaux de restauration auto-adhésifs. Certaines évolutions vont dans ce sens, y compris des recherches et des produits commercialisés, même si l’efficacité de ces derniers est variable et que leur durabilité de collage n’a pas encore été démontrée. Aujourd’hui cependant, de nouveaux matériaux arrivent sur le marché avec la promesse d’une utilisation sans prétraitement. Leur efficacité clinique reste néanmoins à prouver et à garantir avant que ces matériaux de restauration auto-adhésifs puissent être employés comme véritables alternatives dans le cadre d’une pratique quotidienne de la dentisterie. Une autre possibilité en vogue dans le domaine de R & D et qui intéresse particulièrement les médias, c’est la mise au point d’adhésifs bioactifs. De nombreux chercheurs et entreprises dans le domaine dentaire souhaitent concevoir des adhésifs qui présentent non seulement des performances d’adhésion élevées mais qui possèdent également des vertus thérapeutiques particulières. La nature de l’adhésif bioactif dépend de la personne à qui vous parlez. Certains chercheurs pensent que ces adhésifs devraient posséder des propriétés antibactériennes, alors que d’autres sont convaincus que pour être qualifiés de « bioactifs », ces adhésifs doivent permettre la reminéralisation de la dentine et une interaction entre les cellules de la pulpe dentaire. Nous devons évidemment poursuivre les recherches pour déterminer s’il est possible de conférer ces propriétés supplémentaires à ces matériaux, mais à une seule condition : que le matériau adhésif ne perde aucune de ses propriétés adhésives d’origine. Cela représente à mon sens, le plus grand défi pour l’avenir de la dentisterie adhésive.